Comprendre la paraplégie en 5 questions

Qu’est-ce que la paraplégie ?

C’est la paralysie des deux jambes. Elle résulte obligatoirement d’une lésion de la moelle épinière, le plus souvent après un traumatisme violent du dos. 

La paraplégie et la paralysie due à la lésion de la moelle épinière sont souvent utilisées comme synonymes mais les deux affections ne se recouvrent pas totalement. 

En cas de paraplégie, les deux côtés du corps sont affectés en dessous du niveau de la lésion. Selon le cas, si ce n’est qu’une partie ou si tous les faisceaux de nerfs sont interrompus, il se produit une perte partielle ou complète (paralysie) de l’activité musculaire volontaire et des fonctions végétatives (par ex. de la vessie, du colon) ainsi qu’une diminution ou une absence de sensibilité dans le corps. 

La gravité de la lésion et le pronostic de récupération dépendent du niveau où se situe la lésion, de son étendue (écrasement, interruption partielle ou totale de la moelle épinière) sans oublier la qualité des premiers soins et le traitement de réhabilitation.

Schéma paraplégie

Quelles sont les causes de la paraplégie ?

Les paralysies proviennent de traumatismes ou de maladies de la moelle épinière, entraînant une compression de la moelle épinière ou l’endommageant d’autre manière.

  • La fracture d’une vertèbre avec déplacement de fragments d’os. La moelle épinière est écrasée, complètement ou partiellement cisaillée et sectionnée.
  • Les blessures par balle ou par un coup de couteau.

  • Les maladies de la moelle épinière.

  • Une maladie (accident vasculaire cérébral, tumeurs au cerveau, traumatismes crâniens…).

  • Les tumeurs, les déformations osseuses comme le rétrécissement du canal rachidien, les malformations de vaisseaux.

Quels sont les symptômes ?

Les troubles de la marche sont variés (irrégularité de la démarche, boiterie, claudication intermittente non douloureuse, démarche sautillante, au pire, la marche est impossible). Il existe souvent également des troubles objectifs de la sensibilité et des troubles génito-urinaires (impuissance, rétention d’urines…). Une paraplégie peut être complète ou incomplète :

complète : absence totale de sensibilité et de motricité en dessous de la lésion.

– incomplète : persistance d’une sensibilité ou d’une motricité volontaire en dessous de la lésion, en particulier dans le secteur périnéal.

Quel traitement ?

La rééducation est primordiale. Elle permet à la personne paraplégique de travailler son autonomie. La paraplégie a ses complications propres indépendamment de sa cause : cutanées dominées par l’escarre, articulaires liées à l’immobilisation et urinaires et intestinales dues aux troubles sphinctériens.

  • Les escarres : la prévention des escarres est une priorité essentielle de l’éducation du blessé de la moelle. Certaines circonstances favorisent leur survenue : l’alitement, la fièvre, les troubles psychiques (dépression), le mauvais état général. 
  • Les troubles articulaires : la mobilisation et la verticalisation restent la meilleure prévention des complications au niveau des membres. La verticalisation quotidienne de 1 à 3 heures est très bénéfique. La musculation des membres supérieurs et du tronc au dessus du niveau de la paralysie est important. La pratique d’un sport en fauteuil roulant aide à cette musculation.

  • Les problèmes urinaires : le but de la rééducation vésicale est d’obtenir une évacuation complète des urines par les voies naturelles. La rééducation neuro-urologique ne parvient pas toujours à supprimer l’incontinence. Dans de rares cas, la sonde à demeure chez la femme est la seule solution. Chez l’homme, différents types d’appareillages sont proposés. L’infection urinaire doit toujours être dépistée et traitée le plus tôt possible.

  • Les problèmes intestinaux : l’horaire régulier pour aller à la selle est capital. Plusieurs techniques permettent l’évacuation.

  • Les troubles respiratoires : en cas de lésions hautes, la fonction respiratoire peut être touchée. La paralysie des muscles abdominaux diminue l’efficacité de la toux et augmente le volume respiratoire résiduel. Le traitement des infections ORL, la vaccination anti-grippale, la suppression du tabac font partie du traitement.

traitement-paraplégie

Quel accompagnement au quotidien ?

En ce qui concerne les escarres, les mesures préventives sont essentielles :

  • soulager les points d’appui en changeant fréquemment les positions ;
  • utiliser des supports (siège, matelas) souples ;
  • garder la peau sèche et propre surtout au niveau du périnée.

Devant toute lésion cutanée provoquée par une compression (rougeur, abrasion de l’épiderme, nécrose, ulcération etc.), on doit supprimer l’appui sur la zone menacée.

Pour les accidentés de fraîche date, il faut éviter toutes les manipulations pouvant entraîner une rotation et un cisaillement de la colonne. On veut ainsi éviter que la moelle subisse des dommages supplémentaires et que sa lésion, au départ incomplète, ne devienne complète par la suite. L’enlèvement et le transport immédiat à l’hôpital doivent se faire de préférence par des professionnels spécialisés.