Le Syndrome de Diogène en 5 questions

Qu’est-ce que le syndrome de Diogène ?

Le syndrome de Diogène est un dérèglement du comportement chez la personne. Il se traduit par une absence totale d’hygiène personnelle et un trouble obsessionnel compulsif qui conduit à amasser ou à ne pas jeter un grand nombre d’objets inutiles voire de déchets.

Ce syndrome est controversé car il regroupe des situations assez différentes qui ne correspondent pas toujours à celle de Diogène. Malgré leur diversité, il existe un dénominateur commun composé de l’association des quatre critères décrits ci-dessous:

1 – Une absence de demande, de plaintes et de besoins avec une absence de sollicitation des services médico-sociaux. Les Diogènes sont des personnes qui ne demandent rien.

2 – Une relation aux objets inhabituelle avec le besoin d’entasser des objets dans un ordre parfait ou un désordre indescriptible avec un manque de salubrité du domicile. Cet entassement d’objets peut être le résultat, soit d’un comportement passif (la personne ne sait pas jeter les affaires devenues inutiles), soit d’un comportement actif de récupération, de collection et d’accumulation.

3 – Une relation aux autres étonnante avec le besoin de fuir l’humanité. Les liens familiaux ou sociaux sont limités à celles et ceux qui comprennent, tolèrent ou facilitent leur mode de vie.

4 – Une relation au corps particulière avec le plus souvent le besoin d’entretenir…un manque de propreté. Ce besoin est associé à une tolérance étonnante aux conséquences de ce manque d’hygiène.

Quelles en sont les causes ?

N’importe qui peut en souffrir, indépendamment de l’âge ou du genre. Chez les sujets les plus jeunes, le trouble est presque toujours accompagné d’une maladie psychiatrique, comme la schizophrénie. En ce qui concerne les personnes âgées, la perte d’un proche (conjoint, enfant…) s’avère un élèment déclencheur fort. Plus généralement, quelque soit la personne affectée , le syndrome apparaît le plus souvent après un choc émotionnel important ou trouve sa source dans l’enfance.

Quels sont les symptômes ?

– Négligence de l’hygiène corporelle et négligence de l’hygiène du lieu de vie.

– Accumulation maladive d’objets inutiles (revues, bibelots, boites, sacs en plastique, vêtements, etc.) : les objets envahissent toute la maison, bloquant les issues, envahissant le plancher.

– Accumulation compulsive de détritus et même d’excréments dans certains cas (les leurs ou ceux de leurs animaux domestiques).
Isolement social, refus de recevoir des gens chez eux.

– Déni de réalité : les personnes ne se rendent pas compte de l’environnement dans lequel elles vivent et trouvent que tout est normal.

– Refus qu’on les aide à ranger, à se débarrasser d’objets ou à les aider.

Dans les cas les plus graves, le désordre et le manque d’hygiène entrainent presque toujours la prolifération d’insectes et de moisissures, et l’accumulation de détritus causant des odeurs nauséabondes. Celles-ci sont très souvent à l’origine de la découverte du syndrome, car elles poussent l’entourage (voisins) à contacter les services sanitaires.

Il est souvent difficile de se rendre compte qu’une personne souffre du syndrome de Diogène, car leur isolement est fréquent. Dans la majorité des cas, on le découvre par hasard, c’est-à-dire lorsqu’un voisin se plaint des odeurs ou encore lors d’une visite de routine des services d’incendie ou autre

Quels moyens de prévention ?

La prise en charge du syndrome est problématique, d’une part due au manque de coopération de certains patients réticents aux interventions et aux traitements, et d’autre part pour les questions éthiques que cela soulèvent : la limite entre respect des libertés individuelles et la non-assistance à personne en danger.
La demande de soins est généralement formulée par les interventions médico-sociales.

l’hospitalisation

L’hospitalisation comporte de nombreux avantages :

– Permet d’initier la prise en charge médico-sociale.

– Prépare le retour à domicile probable.

– Permet de rétablir l’état de santé général (nutrition, …) .

– Permet d’établir le diagnostic d’autres pathologies (psychiatriques, autres).

– Permet d’évaluer les fonctions cognitives.

– Permet d’évaluer l’aide à domicile nécessaire (repas, soins à domicile, aide-ménagère).

– Met en place un placement en institution si nécessaire.

Si la décision d’hospitalisation est facile, les modalités d’application sont délicates. Il semble maintenant connu que la privation brutale et complète de ce mode de vie soit un stress majeur pouvant être le cofacteur d’une mort au décours d’une maladie somatique ou d’une mort par suicide (tout semble se passer comme si Diogène avait un besoin vital de ce mode de vie).

Les traitements médicamenteux

Le traitement médicamenteux est donné pour les pathologies psychiatriques ou somatiques associées au syndrome de Diogène. Il n’existe pas de traitement spécifique à ce syndrome.

L’accompagnement au quotidien

Il est souvent difficile de se rendre compte qu’une personne souffre du syndrome de Diogène, car leur isolement est fréquent. Dans la majorité des cas, on le découvre par hasard, c’est-à-dire lorsqu’un voisin se plaint des odeurs ou encore lors d’une visite de routine des services d’incendie ou autre.
Lorsque la personne est diagnostiquée, celle-ci ne se rend pas toujours compte que son état est problématique puisqu’elle vit hors de la réalité. Le plus souvent, il faut faire appel à une entreprise spécialisée afin de se débarrasser des objets accumulés et nettoyer le logement.
Il faut être très délicat et procéder avec douceur, car une intervention rapide et autoritaire peut faire sombrer ces personnes dans la dépression et dans des cas extrêmes les mener au suicide.

Il existe quelques moyens afin de désamorcer progressivement le problème :

– Choisir de désencombrer le logement en procédant par étape : une pièce à la fois, un placard à la fois.

– Procéder par petites périodes de 20-30 minutes chaque jour, plutôt que tout vouloir faire en une semaine.

– Se débarrasser de tous les vêtements, souliers, etc. qui n’ont pas été portés depuis 1 an ou plus.

– Pour les ustensiles et la vaisselle, un bon truc consiste à tout mettre dans une grosse boîte de carton et à ressortir au fur et à mesure les objets dont on a besoin, puis les ranger à nouveau dans les placards. En 2-3 semaines, on sera en mesure d’identifier ce qui est vraiment utile… et le reste sera déjà dans la boîte, prêt à être donné.

– Trier les papiers, factures au fur et à mesure. Ne rien laisser s’entasser sur les tables et bureaux.

– Ranger les choses après les avoir utilisées.